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n°100 - Février 2010

Editorial

Entre inquiétude et exaspération

" La crise est terminée ", " il faut gérer la sortie de crise " sont des commentaires qui pouvaient être entendus il y a quelques jours encore. La spéculation sur la dette publique de la Grèce a sérieusement écorné le bien-fondé de ces affirmations.

On peut encore espérer que la récession constatée en France et de nombreux autres pays en 2009 sera suivie d’une reprise de la croissance en 2010. Cela ne suffit pas pour proclamer la fin de la crise économique et financière.

D’un point de vue syndical, il n’est pas acceptable de dire que le gros des difficultés est passé alors que le chômage dépasse les 9 % et fait l’objet de prévisions encore plus pessimistes pour 2010.

Pour que la crise puisse être considérée comme un mauvais souvenir, il faut
d’abord que le chômage ait connu une décrue significative mais aussi que l’analyse des causes de cette crise ait donné lieu à l’adoption de mesures empêchant ou
éloignant au moins les probabilités de la survenance d’un phénomène de même nature.

Les spéculations successives sur la nouvelle économie, les matières premières, le crédit immobilier et les dettes publiques de certains pays montrent qu’aucune mesure efficace n’a été adoptée.

Lorsque la spéculation sur la dette publique de la Grèce, c’est-à-dire surtout sur la rémunération des emprunts contractés par ce pays, aboutit à l’adoption d’un plan d’austérité, prévoyant des gels de salaires et des suppressions d’emploi dans la fonction publique, les salariés sont exaspérés, outrés. Ils considèrent qu’on leur fait injustement la facture d’opérations auxquelles ils sont totalement étrangers. Ils ont l’impression que les milieux financiers ont utilisé les fonds publics dont ils ont bénéficié pour spéculer et reconstituer leurs bénéfices au lieu de soutenir l’effort d’investissement et de création d’emploi.

Les gouvernements doivent prendre des décisions pour protéger le monde de l’économie réelle créateur d’emploi, de plus-values redistribuées en salaires et investissements des dégâts provoqués par le monde virtuel de la spéculation.

La proposition de Force Ouvrière d’instaurer sur les bénéfices non-réinvestis va dans ce sens. Des augmentations de salaires pour aller dans le sens d’une redistribution plus équitable entre salaires et dividendes sont plus nécessaires que jamais. Elles contribueront à la relance de l’activité par la consommation.

Rafaël NEDZYNSKI
Secrétaire Général FGTA-FO

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