
Négocier sur le travail des seniors |
|
 |
Le travail des seniors sera l’un des principaux thèmes de négociation dans les mois à venir, que ce soit dans les branches ou dans les entreprises. Faute d’accords conclus avant la fin de l’année 2009, les entreprises seront sanctionnées financièrement. Cette menace agitée par le gouvernement est exceptionnelle. Le non-respect des autres obligations de négocier ne donne pas lieu aux mêmes sanctions que ce soit sur les salaires, les classifications ou l’égalité professionnelle, par exemple.
Actuellement, une majorité de salariés cesse le travail avant 60 ans pour différentes raisons : maladie, incapacité de travail, licenciement, départ négocié, etc. Cette réalité dérange un gouvernement qui voudrait relever l’âge de départ en retraite. Si l’âge réel de cessation d’activité est inférieur à celui auquel le salarié a droit à une retraite à taux plein, cela signifie que celui-ci sera à charge de l’assurance-chômage ou de l’assurance-maladie pendant la période " tampon ". Les problèmes de financement seront alors déplacés des caisses de retraite vers d’autres régimes de protection sociale collective dont les résultats sont déjà dégradés pou différentes raisons. La crise économique et la montée du chômage ne font qu’aggraver la situation en raison de la baisse des cotisations qu’elles entraînent.
Il est d’ailleurs incongru de vouloir pousser des salariés à travailler plus longtemps alors que le chômage n’est pas descendu en-dessous de 5% depuis plusieurs décennies et que les jeunes à la recherche d’emploi n’ont jamais été aussi nombreux. L’idéologie prend le pas sur le sens de la réalité. Force Ouvrière a, pour sa part, dit et répété que la solution aux enjeux de financement des systèmes de retraite implique aussi un relèvement des cotisations patronales. Il n’est pas acceptable que les salariés soient les seuls à payer l’addition pour des baisses des pensions et des relèvements du nombre d’années de cotisations et de l’âge de départ en retraite.
L’approche de la FGTA-FO des négociations sur le travail des seniors sera donc différente de celle du gouvernement. Tout d’abord, ces discussions doivent être l’occasion de relancer le débat sur la pénibilité du travail et, spécifiquement, de la possibilité de pré-retraites pour les salariés qui en sont victimes. C’est une question de justice sociale. Tous les salariés n’ont pas la même espérance de vie. Ceux qui sont usés, détruits par des conditions de travail harassantes devraient pouvoir partir plus tôt.
D’autre part, il faut que les entreprises mettent leurs actes en adéquation avec leurs paroles et effets d’annonces. Trop souvent, elles considèrent qu’à partir de cinquante ans, il n’est plus utile d’investir dans la formation professionnelle des salariés, d’organiser une évolution de carrière valorisant leur expérience et leurs qualifications. En d’autres termes, beaucoup de salariés constatent qu’ils sont mis sur une voie de garage de plus en plus tôt, ce qui contredit les discours sur le travail des seniors.
La FGTA-FO considère qu’il y a là un gâchis énorme, une absence de reconnaissance et un danger réel pour les entreprises qui n’organisent pas le transfert du savoir-faire entre générations. Finalement, ces négociations doivent aussi être l’occasion de l’amélioration des conditions de travail de ces salariés. Telles seront les priorités de la FGTA-FO sur le travail des seniors. |
|
|
|