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n°98 - Novembre 2009

Editorial

Responsabilité sociale des entreprises ?

Unilever, poids lourd de l’industrie agro-alimentaire dans le monde, est, entre autres, détenteur des marques de thé Lipton et Brooke Band. Celles-ci sont notamment produites par l’usine de Khanewal au Pakistan.

Jusqu’à il y a peu, cette usine comptait que 22 salariés employés directement employés par Unilever alors que plusieurs centaines d’autres étaient mis à disposition par plusieurs agences intérimaires dont Unilever était le seul client. Les travailleurs se présentaient tous les matins à l’usine. S’il y avait du travail pour eux, ils l’effectuaient et étaient rémunérés. Sinon, ils rentraient chez eux sans être payés. Les agences de main d’œuvre avaient, de plus, d’importants retards de paiement à l’Etat.

Ces travailleurs ont formé un comité d’action pour revendiquer leur intégration dans l’entreprise. Ils ont reçu le soutien de l’Union Internationale des Travailleurs de l’Alimentation (UITA) et de ses syndicats adhérents. Ainsi, la FGTA-FO a adressé des messages de protestation à Unilever et de soutien aux travailleurs de Khanewal.

Conformément aux principes directeurs de l’OCDE sur les multinationales, l’UITA a obtenu que des discussions s’ouvrent au Royaume-Uni sous les auspices du point de contact de l’OCDE. Les négociations ont abouti à un nouvel accord entre l’UITA et UNILEVER après de longs mois de pressions et d’actions. UNILEVER a accepté de créer 200 emplois permanents dans l’usine de Khaniwal. L’UITA obtient un droit de regard sur les procédures de recrutement pour garantir l’absence de discrimination à l’embauche. Unilever paiera les arriérés de cotisations maladie et retraite des agences intérimaires, s’engage à respecter les droits syndicaux, à investir et à poursuivre ses activités à Khanewal.

Cet accord est le résultat d’une action de solidarité syndicale exemplaire.

Il convient de rappeler que UNILEVER vient de supprimer 300 emplois dans ses usines d’AMORA en Bourgogne.
Nouvelle préoccupation pour l’UITA : NESTLÉ, le n°1 mondial de l’agro-alimentaire. Le même jour, le groupe a annoncé un bénéfice de 35 milliards et un plan de suppression d’emplois. En Indonésie, NESTLÉ affirme que " les salaires sont un secret commercial et ne peuvent de ce fait faire l’objet d’une négociation collective ".

Responsabilité sociale des entreprises ?

Il est regrettable que les leaders mondiaux donnent l’exemple de ce qu’il ne faut pas faire en la matière.
La liberté de négociation collective sur les salaires et les conditions de travail est pourtant un droit fondamental affirmé par les Nations Unies et l’Organisation Internationale du Travail. Les syndicats demandent simplement de passer de la pensée aux actes.

Rafaël NEDZYNSKI
Secrétaire Général FGTA-FO

Pour obtenir le bulletin "Contracter" dans son intégralité et avoir accès aux accords signés, veuillez contacter la FGTA-FO

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