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Égalité, mission inachevée

C'est sur ce thème qu'a eu lieu, le 1er juin 2010, une conférence organisée par les femmes de l'UNI de la zone 4 qui regroupe les syndicats belges, français, néerlandais, luxembourgeois et monégasques. Cette manifestation s'est déroulée à Bruxelles et a accueilli plus de 150 participants des syndicats représentés (FO, CGT, CFDT, CNE, LBC, SETCA, BBTK, CGSP, ALEBA)

La délégation Française Force Ouvrière, avec à sa tête Martine Saint-Cricq, élue au bureau femme d’UNI-Europa et UNI-Monde comprenait 17 militantes venues de la FGTA-FO, de la FEC, et de FO.Com, à noter aussi la présence de Marie-Christine Sentis qui siège à UNI-Europa-FO.Com et de Maryse Gauzet qui siège à UNI-Europa-Finances.

Après l’ouverture de la conférence et la présentation de la journée par Arlette Puraye, Présidente de la zone 4 pour les femmes, les participants ont écouté un exposé fait par Margaret Maruani, sociologue et directrice de recherches au CNRS. Dans son rapport, elle a démontré qu’il y avait une évolution constante des femmes dans la population active et que leur taux d’activité ne cessait de croître (en France, il est passé de 68,4% en 1983 à 81,1% en 2006) ; il faut ajouter à cela un niveau scolaire et universitaire des femmes aujourd’hui, et dans la plupart des pays européens, supérieur aux hommes.

Pour Margaret Maruani, " la progression des scolarités féminines constitue un évènement marquant la fin du XXème siècle ". Ces phénomènes ont engendré une arrivée massive des femmes dans le monde du travail, une grande partie dans des emplois peu qualifiés, mais aussi dans des métiers considérés comme " prestigieux " comme magistrates, avocates, journalistes, médecins, etc.

On ne peut donc pas parler de ségrégation immobile puisqu’une partie des femmes récupère, sur le marché du travail, l’investissement de leur formation, mais la majorité d’entre elles se trouve massée dans le travail d’exécution. Quant aux salaires, malgré les directives européennes " à travail égal, salaire égal ", les statiques montrent que les écarts demeurent considérables (en France, selon les sources M. Ponthieux en 2006, elles sont aux alentours de 20%). De plus, les femmes subissent de plein fouet le travail à temps partiel, ce qui représente 30,6% d’emploi féminin et 5,7% d’emploi masculin.

Enfin, on peut parler pour les femmes de " sur-chômage " puisque ce sont elles qui sont les plus nombreuses dans les bataillons des sans emploi.

Ce constat affligeant et partagé par toutes les militantes présentes a donné l'occasion de nombreux témoignages étayant cette présentation.

Le syndicat Belge Setca-BBTK a fait voter une motion de solidarité avec les travailleuses de Carrefour Belgique, qui, par l’annonce d’un plan de restructuration, va avoir pour effet de précariser encore plus la situation des femmes de cette multinationale.
Pour la France, Martine Saint-Cricq du syndicat Force Ouvrière, a démontré la difficulté des femmes à occuper des postes d’encadrement, d’une part parce que les entreprises ne font rien pour favoriser l’accès à ces emplois, mais aussi parce que les structures (crèches, garderie…) n’existent pas ou fonctionnent avec des horaires inadaptés au monde du travail. Pour autant, il existe des possibilités de réaction, cela a été cas dans la grande distribution à Carrefour, Casino et Auchan, où, pour limiter les contrats précaires, les organisations syndicales ont signé un accord permettant aux salariés, dans le cadre de la poly-activité, d’avoir un travail à temps plein.

L’après-midi a été consacré à des débats en atelier avec 3 thèmes portant sur : " nos revendications pour une Europe proactive en matière d’égalité entre femmes et hommes ", qui ont permis de dégager un cahier avec les revendications suivantes:

Synthèse des ateliers
 Embauche à temps complet ; le salarié doit pouvoir, s’il le souhaite, faire des avenants pour limiter dans le temps sa base de contrat hebdomadaire ; 
 Obliger des cotisations patronales sur la base de salaire minimum temps plein afin que des droits complets soient créés pour tous les travailleurs et qu’ils s’étendent dans toute la protection sociale ;
 Présentation obligatoire d’un rapport d’analyses salariales avec indicateurs pertinents et uniformes pour pouvoir faire un comparatif au niveau européen ;
 Mise en place de pénalités financières si les rapports ne présentent pas de réduction d’écarts significatifs ;
 La norme de référence d’un emploi décent est le temps plein, si le temps partiel est imposé, l’employeur doit garantir un salaire décent à définir dans chaque état membre ;
 Interdire les aides aux entreprises qui favorisent le temps partiel ;
 Améliorer le cadre juridique et la protection sociale ;
 Imposer la négociation de plans d’égalité avec obligation de résultats pour supprimer l’écart salarial, avec sanctions financières si le but n’est pas atteint dans les délais fixés ;
 Un congé de paternité (si pas pris, perdu) de 2 mois rémunéré selon les mêmes modalités que le congé de maternité ;
 Combattre les stéréotypes et préjugés par des campagnes de sensibilisation.

3ème conférence mondiale des femmes UNI
les 6 et 7 novembre à Nagasaki au Japon

Les syndicalistes de tous les pays affiliés à l’UNI se réuniront avant le 3ème congrès mondial d’UNI Monde
avec comme ordre du jour :

- Migration et trafic
- L’incidence de la crise financière mondiale sur les femmes
- La violence envers les femmes
- Priorité stratégique du groupe interprofessionnel UNI égalité des chances

Martine Saint-Cricq, élue à UNI World Women’s Commitee prépare pour Force Ouvrière cette conférence.

par Martine Saint-Cricq

Fédération Générale des Travailleurs de l'agriculture, de l'alimentation, des tabacs et des services annexes Force Ouvrière. Revendiquer, négocier, contracter.