Rencontre avec les apprentis du CFA de l’Ecole Professionnelle de Boucherie

L’apprentissage, une voie de garage ? Pour démonter ce cliché qui commence heureusement à disparaitre, notamment compte tenu du très fort taux d’insertion professionnelle, la FGTA-FO est partie à la rencontre des apprentis de la réputée Ecole Professionnelle de Boucherie, située dans le 12e arrondissement de Paris. Sans filtre, ils ont répondu à nos questions sur leur ressenti vis-à-vis de leur formation, leurs projets et la fierté qui les anime d’exercer un métier au savoir-faire reconnu.

Qu’est-ce qui vous a motivé à vous engager dans cette formation ?

Aminata (en 2e année de CAP, en apprentissage au rayon traditionnel chez Auchan à la Garenne-Colombes) : J’ai fait un bac pro commerce avec un 1er apprentissage dans une boucherie. Voir que ce métier va au-delà du commerce en incluant un vrai savoir-faire qui n’est pas à la portée de tout le monde a été le déclic.

Nicolas (2e année de BP, en apprentissage à la boucherie Bourdin dans le 18e arrondissement) : Mes parents sont dans l’élevage, ce qui m’a donné envie de découvrir la filière viande. J’ai fait mon stage de 3e dans une boucherie, ce qui m’a donné envie de prolonger l’expérience. Notre métier est valorisé, ce n’est pas un simple métier manuel. Les clients reconnaissent notre savoir-faire.

A : Quand on voit les bouchers qui nous transmettent leur métier avec une telle passion, ça donne évidemment envie de continuer.

Quels aspects de l’apprentissage vous plaisent particulièrement ?

N : Le contact avec le client ou bien la préparation de la viande. Tout en fait parce que nos tâches varient et c’est cela qui est plaisant.

A : la théorie au CFA est essentielle mais c’est la pratique qui me plait le plus.

N : Le fait d’être payé joue aussi ! Par rapport à mes amis de collège, je suis plus indépendant, j’ai d’autres types de sorties ou de loisirs. Pour les vacances, on peut se faire plaisir. Eux sont encore avec leurs parents. Evoluer dans le monde du travail nous rend aussi plus mûrs.

A : Beaucoup d’apprentis restent chez leur employeur à l’issue de la formation (70% NDLR – 95% de diplômés à l’EPB en 2017). On emmagasine déjà de l’expérience. Dans les formations continues, on voit bien que c’est difficile pour les élèves de trouver un emploi, ils doivent d’abord décrocher un stage, etc. Nous n’avons pas ces problèmes.

N : Quitter l’école à 15 ans, ce n’est pas évident. Le CFA nous permet de garder un lien avec ce que l’on a connu au collège et on n’est pas déconnectés des autres jeunes de notre âge.

Selon vous, quelles sont les qualités essentielles pour réussir son apprentissage ?

A : Il faut beaucoup de discipline et de patience.

N : Il faut de la motivation et un bon savoir-être. Être respectueux des clients est essentiel.

Dans la boucherie, l’excellence est valorisée, notamment avec les Meilleurs Ouvriers de France, Meilleurs Apprentis, etc. Quel regard portez-vous sur ces concours ?

A : Pour l’instant je n’ai pas assez confiance en mes compétences pour me présenter mais c’est sûr que les MOF sont une référence. On lit la presse spécialisée, on connait les noms, ce sont des modèles pour nous.

N : J’ai fait un concours mais je n’ai pas eu le résultat espéré. Ça me fait quand même une expérience. Ce qui est marquant avec les MOF, c’est leur passion communicative dans la transmission du métier.

Quels sont vos projets professionnels à l’issue de votre apprentissage ?

A : J’aimerais être formatrice et chef de rayon dans la grande distribution.

N : Pourquoi pas ouvrir une boucherie plus tard ?


Zoom sur l’Ecole Professionnelle de Boucherie

Fondée en 1927, l’école de la Boucherie de Paris abrite en son sein le CFA des métiers de la viande. Cette école forme les jeunes au métier de boucher par la voie de l’alternance (1 semaine au CFA pour 2 semaines en entreprise).

Les formations dispensées

– Le CAP (certificat d’aptitude professionnelle) s’effectue en 1 ou 2 an(s). Pour y accéder, il faut avoir un niveau 3e. Débouchés : boucher préparateur qualifié.

Les cours dispensés : suivi de formation et technologie – sciences appliquées – connaissance de l’environnement économique juridique et social – pratique professionnelle – prévention santé environnement – français – histoire et géographie – mathématiques et sciences – éducation physique et sportive.

– Le BP (brevet professionnel) en 2 ou 3 ans. Accessible aux titulaires d’un CAP Boucher.

Les cours dispensés : pratique professionnelle – technologie traiteur – sciences appliquées – gestion – environnement économique et juridique – mathématiques – expression et connaissance du monde – anglais.

Débouchés : boucher hautement qualifié – responsable de production – formateur – chef d’entreprise ou gérant.

Pour en savoir plus sur le contenu des formations : Ecole Professionnelle de la Boucherie – 37 boulevard Soult 75012 Paris – Tél. : 01 43 45 23 72 – email : epb@boucheries.com

www.ecole-boucheries.com


 

Photo : Didier Pieux, Secrétaire fédéral FGTA-FO, Nathalie Gomez, Directrice pédagogique du CFA, Nicolas et Aminata

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