Repères n°38 – Égalité professionnelle

Loi sur l’égalité femmes-hommes : une nouvelle étape dans le long combat contre les discriminations

La loi « cadre » du 4 août 2014, que nous présentons dans le présent numéro de Repères, a pour objet l’égalité entre les femmes et les hommes dans toutes ses dimensions : égalité professionnelle, lutte contre la précarité spécifique des femmes, protection des femmes contre les violences, image des femmes dans les médias, parité en politique et dans les responsabilités sociales et professionnelles. Mais  aussi et surtout pour la partie que nous commentons dans le présent numéro : renforcer les dispositions du Code du travail visant à améliorer l’égalité entre les sexes dans le monde du travail.

La FGTA-FO se félicite de ces avancées juridiques et sociales sur lesquelles nos militants, tant hommes que femmes, réclament depuis longtemps l’application effective dans les entreprises de nos secteurs de syndicalisation.

Il reste encore néanmoins à déplorer qu’une  fois de plus une partie importante de la loi ait été censurée par le Conseil constitutionnel, notamment les dispositions visant à créer des sanctions plus sévères en cas de licenciement discriminatoire.

Pourtant, ce type de dispositions aurait été de nature à lutter efficacement contre une réalité que nous constatons chaque jour sur le terrain dans les entreprises : les femmes subissent plus que les hommes l’austérité, notamment du point de vue de la rémunération. Ainsi, en matière d’égalité salariale entre les hommes et les femmes, la France se place glorieusement à la 126e place sur 136 (Cf. 9e Rapport annuel sur l’écart global entre genres, The Global Gender Gap. Rapport publié par le Forum économique mondial).

Pour limiter ces écarts de rémunération existant entres les femmes et les hommes,  nous nous félicitons que la loi nouvelle ait créé une négociation collective annuelle unique sur l’égalité professionnelle et salariale et y ait introduit deux nouveaux thèmes : le déroulement des carrières et la mixité des emplois.

Mais pour que ces dispositions ne restent pas au registre des bonnes intentions comme c’est bien souvent le cas dans ce domaine, nous exigerons que  les employeurs prennent  des mesures quantifiables en la matière. Par exemple, lors des NAO, pour réduire effectivement ces écarts et en faire une véritable priorité dans les entreprises.

D’autant que dans nos principaux secteurs d’activités, nous déplorons que la majorité des catégories professionnelles les moins rémunérées sont occupées par des femmes.

Mais, plus largement pour la FGTA-FO, il est aussi urgent de redéfinir les politiques d’évaluation et de valorisation salariale dans les entreprises tant pour les femmes que pour les hommes. En effet, pour notre organisation syndicale, si la lutte pour l’égalité homme-femme et plus largement l’égalité des sexes reste au centre de nos revendications, il ne s’agit pas de guerre des sexes ni d’opposer les genres mais bien de se battre pour que tous les salariés bénéficient dans les entreprises d’une juste
rémunération à la hauteur de leurs efforts et en proportion des performances des entreprises.

Ce n’est qu’à ce prix là que les inégalités salariales, quelles que soient leurs natures, pourront disparaître.

Cette revendication demeure au centre du combat syndical de la FGTA-FO et nous veillerons donc à ce que ce long chemin ne demeure pas pavé de bonnes intentions.

Fidèlement votre,
Dejan Terglav,
Secrétaire général de la FGTA-FO

POUR TÉLÉCHARGER LE REPÈRES N°38, RENDEZ-VOUS ICI

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