Succès pour la Journée de la prévention (vidéo)

La montée en compétences des élus de la FGTA-FO est un des engagements pris par le Secrétaire général Dejan Terglav lors du 12e Congrès fédéral. Afin de former ses délégués sur des sujets clefs, toute une série d’événements sont organisés chaque année par la Fédération. Le 20 juin à Paris, 150 élus ont ainsi participé à la Journée de la prévention sur la santé et la sécurité au travail. Retour sur une journée riche d’échanges, d’interventions et de revendications.

Absent de l’événement en raison d’un calendrier chargé, le Secrétaire général Dejan Terglav a tout de même tenu à saluer les représentants FO qui ont répondu à son invitation. Pour cela, il a utilisé, et c’est une première, la vidéo.

Dans son message, il a confirmé que l’objectif de cette journée était d’apporter un vrai plus aux élus sur un sujet important que tous ne maîtrisent pas forcément. Le contenu dense et parfois grave des interventions de la journée, ainsi que la participation active de l’assemblée lui ont donné raison.

Le Secrétaire général a également appelé les délégués à rester mobilisés et à l’écoute cet été face aux annonces que devrait formuler le nouveau gouvernement qui souhaite aller vite sur la réforme du code du travail tout en cachant son jeu jusqu’à présent. Les fuites survenues sur le réel projet du Président ne sont en effet guère rassurantes quant à la sauvegarde des acquis sociaux. Les intervenants du jour n’auront d’ailleurs pas manqué de fustiger le souhait présidentiel de ramener à l’entreprise le choix du régime de prévoyance, mettant fin à la capacité des partenaires sociaux de branche de désigner un organisme qui mutualise l’ensemble des cotisations d’un secteur professionnel pour offrir des garanties adaptées et de qualité.

 

IMG_4435Arrêt cardiaque, comment sauver des vies ?

50 000 décès par an sont le fait d’arrêts cardiaques, soit la première cause de mortalité précoce chez les adultes. Le taux de survie en France est de 7,5%, un des plus bas d’Europe. Sachant que le temps que les secours arrivent, la victime est pratiquement toujours décédée, et que dans 70% des cas, il y a des témoins, il y a aujourd’hui urgence à former les primo-intervenants pour sauver des vies.

Une représentante du groupe de protection sociale Klésia a appelé les élus des IRP à sensibiliser leur entreprise à la signature de la Charte du cœur, un dispositif qui a pour objectif :

– D’aider l’entreprise à communiquer sur son engagement

– De donner des outils pour informer sur l’arrêt cardiaque

– De former le personnel aux gestes qui sauvent

– De fournir à des tarifs négociés des défibrillateurs

Après une présentation pratique et détaillée par deux formateurs, les participants ont directement été testés sur leurs connaissances nouvellement acquises au travers d’ateliers. Les principales étapes à retenir : examiner – faire alerter – secourir. Pour ceux qui voudraient en savoir plus, il existe une vidéo de l’INRS pour vous apprendre à masser et à défibriller.

Les élus présents pour lesquels le défibrillateur n’a plus de secret sont désormais autant d’éventuels primo-intervenants qui sauveront peut-être une vie demain.

Pour connaître les emplacements des défibrillateurs, l’application Staying alive est téléchargeable gratuitement dans les stores Itunes et GooglePlay.

 

La prévoyance santé, un enjeu social fort

L’Indice européen des consommateurs de soins de santé classe le système de santé français à la 11e place sur 36 pays alors qu’il occupait la 1ère il y a 10 ans. En cause, l’augmentation du coût des traitements, la désertification médicale, le vieillissement de la population, et le développement des maladies chroniques (+33% en 10 ans). Autre donnée alarmante, l’espérance de vie qui est le reflet des inégalités sociales. La mortalité précoce des ouvriers est deux fois plus élevée que celle des cadres.

Dans son intervention, l’AG2R a rappelé que faire de la politique de prévention au niveau de la branche professionnelle permettait de protéger et de sensibiliser un maximum de salariés. A ce titre, l’outil conventionnel est un des outils les plus puissants.

L’excellente vidéo ludique et comique de prévention des caries dans la boulangerie (La carie du boulanger, Youtube) est un exemple de ce que peuvent faire les partenaires sociaux pour valoriser les bonnes pratiques.

Le Secrétaire fédéral Didier Pieux qui a l’habitude de travailler sur des campagnes de prévention a témoigné du bon accueil des outils sur le terrain qui ont permis de baisser les versements dans plusieurs domaines. Pour lui, c’est une priorité FO de préserver la santé des salariés et de limiter leur reste à charge sur les frais engagés.

Établir un référentiel de qualité sur la pénibilité

Le cabinet Didacthem a énuméré les obligations légales de l’entreprise et de la branche en matière de pénibilité. Parmi celles-ci figure l’incitation aux partenaires sociaux de produire paritairement un référentiel professionnel pour permettre à leurs entreprises adhérentes d’avoir une visibilité simplifiée de l’exposition dans leur secteur d’activité.

Didacthem a présenté sa méthodologie pour établir un référentiel de qualité, c’est-à-dire au plus proche du terrain. Les moyens : observer, mesurer, écouter. Au travers d’exemples concrets, il a été démontré que si la tâche est ardue, elle n’en demeure pas moins possible lorsque l’on y met les moyens humains et techniques.

Les horaires atypiques, un risque psycho-social

La conciliation entre vie professionnelle et vie privée souffre des horaires atypiques qui ont tendance à se généraliser dans le monde du travail. Près de la moitié des salariés sont concernés et pour 93% d’entre eux c’est un sujet important de préoccupation.

La mutuelle Mutex a présenté des solutions de gardes d’enfants pour aider les parents sans solutions face à leurs horaires décalés (nuit, week-end, etc.). Le dispositif de garde Mamhique né en 2004 offre ce type de prestation grâce aux financements des CE ou à l’action sociale. Le succès de cette initiative appelle à sa généralisation sur tout le territoire. Les entreprises y gagnent elles aussi en diminuant le turn-over.

Comment mesurer la santé ?

Pour être efficace dans les actions de prévention, il est nécessaire d’avoir des indicateurs de qualité sur lesquels se baser. Or comment mesurer la santé ?

La structure paritaire Adéis a plaidé pour une meilleure prise en compte de la santé sociale en avançant la notion de capital santé qui serait la somme de la santé des salariés. Signer un contrat de travail est une forme d’adhésion, donc de confiance. C’est quand des écarts surviennent entre le travail réel et le travail prescrit par le contrat de travail que les tensions et le stress font leur apparition.

Le taux de rupture d’un contrat avant la fin de la période d’essai, le nombre de maladies chroniques, l’insatisfaction face à son emploi, etc., sont autant de pistes pour essayer de mesurer de manière « économique » la santé et agir sur la santé globale des salariés.

Stéphanie Prat-Eymeric, chargée de mission pour le secteur de l’esthétique, a témoigné de son action dans cette branche en lien avec Adéis. Pour elle, sur certaines questions, la prévention est le seul moyen d’agir. Elle a appelé à passer d’une logique de réparation à une logique de prévention pour préserver la santé des salariés mais aussi l’équilibre des régimes de remboursement des frais de soins de santé.

Une table-ronde pour présenter des solutions concrètes

Point fort de l’après-midi, la table-ronde « L’entreprise en bonne santé » à laquelle était invitée Ronald Schouller, Secrétaire fédéral et Président de l’INRS (Institut National de Recherche et de Sécurité), Marc Leclere, Délégué syndical FO Logista SAS (ex-Seita), Malakoff Médéric et Adéis. L’objectif ? Faire des recommandations, valoriser des exemples d’actions de terrain et permettre aux participants de poser leurs questions. Parmi les nombreux échanges, en voici quelques-uns résumés.

Marc Leclere a ainsi mis en avant le rôle du CHSCT : « Notre CHSCT a travaillé avec un ergonome suite à des problèmes récurrents dus aux mauvaises postures. On a pu changer toute une ligne dans une usine afin d’y remédier. »

Ronald Schouller a abondé dans le même sens : « Quand l’employeur n’est pas informé de la législation ou qu’il ne veut pas investir, le CHSCT peut faire intervenir l’inspection du travail, la médecine du travail, ou saisir le tribunal. Les élus du CHSCT doivent s’informer sur les obligations légales et se former. L’Inacs propose des formations adéquates que je vous invite à suivre. Le contact sur les postes de travail au jour le jour est primordial. »

La représentante de Malakoff Médéric a tenu à souligner que le taux d’absentéisme était un indicateur sûr, solide et durable de la santé au travail et que les élus devaient s’en emparer pour revendiquer. Adéis a souligné que selon une étude de l’OMS, le taux d’absentéisme diminuait de 27% et les dépenses de santé de 26% dès lors que des initiatives de prévention sont prises.

Ronald Schouller a évoqué la question des salariés qui ont été en arrêt maladie et qui reviennent avec difficulté sur leur poste de travail. Les mi-temps thérapeutiques peuvent être une bonne solution pour se réadapter.

Parmi les interventions des délégués, certains n’ont pas manqué de dénoncer les projets de casse du code du travail qui auront une influence sur la santé au travail.

Ronald Schouller a ainsi pointé du doigt la réforme de la médecine du travail qui va selon lui tuer cette institution : « Il manque 5000 médecins du travail, les conditions pour les former font qu’il est impossible de combler ce manque. On espace de plus en plus les visites, cela n’a plus de sens. C’est un acquis social qui disparaît ! »

(Cf. Repères n°49 sur ce sujet disponible sur www.fgtafo.fr, rubrique Juridique dès juillet).

C’est sur ce constat revendicatif et cet appel à la vigilance que s’est achevée la 1ère Journée fédérale de la prévention, un événement riche en débats et rencontre qui donnera, soyons-en surs, du grain à moudre à nos élus. Merci aux participants !

 

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