Toupargel, coup de froid sur l’emploi

En difficulté financière depuis de nombreuses années, le couperet vient de s’abattre sur les salariés : 275 d’entre eux seront licenciés et des sites sont menacés de fermeture.

FO avait tiré depuis longtemps le signal d’alarme sur la politique commerciale du groupe et ses conséquences néfastes pour l’emploi, sans être entendu. Aujourd’hui, le syndicat dénonce un PSE a minima et la scandaleuse prime au silence versée aux salariés concernés qui ne feraient pas grève. Sois licencié et tais-toi en somme !

Le Mag a échangé avec Olivier Gauvin, délégué syndical, pour faire le point sur la situation.

Peux-tu nous présenter le projet de PSE ?

Nous sortons de la 2e réunion de négociation. L’entreprise est très rigide et ne veut clairement rien lâcher. Par ailleurs, FO est scandalisé par la prime de 200 euros donnée aux salariés concernés par les licenciements à la condition que ceux-ci ne soient pas absents. L’entreprise présente cette prime comme un moyen de les garder motivés mais nous avons très bien compris qu’il s’agit pour eux de ne pas faire grève.

Le 3 juillet a été une journée d’action pour FO en lien avec l’intersyndicale. Peux-tu nous en dire plus ?

A l’appel de l’ensemble des syndicats, les salariés ont débrayé sur de nombreux sites. Cette mobilisation destinée à créer un rapport de force aurait dû être davantage suivie mais on a senti les salariés résignés. Avec le discours des dirigeants qui prévenaient que si les salariés participaient aux mouvements de grève, ils mettraient alors en péril l’entreprise, beaucoup ont jeté l’éponge. Compte tenu de cette situation, nous ferons au mieux pour améliorer le PSE.

Justement, quelles sont vos revendications ?

FO souhaite que les départs soient sur la base du volontariat, qu’il y ait un véritable budget pour la formation et que les indemnités de licenciement soient supérieures au minimum légal.

FO revendique aussi que tous les salariés bénéficient de la prime semestrielle. Les licenciements devraient s’opérer vers la mi-octobre. Cette prime est l’équivalent d’un treizième mois mais pour en bénéficier il faut être présent dans les effectifs du 1er janvier au 31 décembre. Ceux qui partiront n’auront donc pas le droit à la 2e partie de cette prime, ils feront donc une croix sur un demi-salaire mensuel pour un mois et demi manquant. C’est profondément injuste. Nous réclamons donc le versement de cette prime semestrielle à tous !

Lors de l’audience au tribunal de commerce de Lyon, les experts ont déclaré que le plan Oxygène décrété par l’entreprise et duquel fait partie le PSE était viable mais arrivait trop tard. Qu’en pense le syndicat FO ?

Sur le calendrier des licenciements, FO est persuadé qu’il s’agit d’une stratégie de l’entreprise pour faire un PSE au rabais. En effet, lorsqu’une entreprise est en redressement judiciaire, l’AGS (association pour la gestion du régime d’assurance des salaires) prend en charge le coût du PSE. Toupargel a donc attendu d’être dans cette situation pour ne pas avoir à payer. L’entreprise a donc laissé la situation se dégrader, ce qui a forcément eu un impact sur l’emploi…

Le rapport Oliver Wylman sera présenté aux élus vers le 15 juillet, dans ce rapport, il sera mis en cause la rupture du lien livreur/vendeur avec le client, ce lien brisé est une des causes importantes de la perte de la clientèle. FO a régulièrement dénoncé cette rupture avec notre clientèle, et les risques que cela aurait tant sur l’emploi que sur le CA.

Sur le plan Oxygène, nous restons extrêmement vigilants. Si le tribunal du commerce le juge efficace, c’est à la condition d’une forte recapitalisation (entre 30 et 35 millions d’euros). L’actionnaire actuel s’engagerait à verser un tiers de cette somme. Il manque donc plus de 20 millions d’euros ! Sans cet apport, la viabilité de Toupargel sera fortement mise en cause. Pour l’instant, rien n’est donc réglé.

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